la respiration dans la nage du crawl…

Le crawl est la nage la plus rapide des trois autres nages, que sont le papillon, le
dos et la brasse. Lors des compétitions de «nage libre », tous les nageurs utilisent
systématiquement le crawl, pour sa rentabilité et son efficacité. De plus, le crawl est
utilisé comme nage de base à l’entraînement permettant le développement
physiologique du nageur. La nage libre n’étant pas codifiée sur le plan technique, il
existe une grande liberté au sein de celle ci. A part mettre un bras devant l’autre,
accompagné d’un mouvement alternatif des jambes, les techniques diffèrent d’un
extrême à l’autre, en restant basé sur un modèle adaptatif en fonction de la distance, de
la morphologie et aussi des sensations du nageur. La technique du crawl en elle-même
n’est pas codifiée mais est régie par différentes phases et actions permettant un geste
technique idéal. En effet, plusieurs axes sont à prendre en compte pour le bon
déroulement de la nage comme entre autres la position générale du corps, le mouvement
des bras, la respiration... Cette dernière nous amène à nous poser quelques questions sur
le rôle et l’importance de la respiration dans la nage, sur son organisation ainsi que sa
répercussion sur l’ensemble des résistances à l’avancement. Nous verrons que la
respiration joue un rôle primordial dans la réalisation du crawl, en analysant les
paramètres de la respiration, la technique employée dans la nage, puis dans une seconde
partie les divers problèmes causés par la respiration et ses remédiations. Puis nous
proposerons quelques exercices d’apprentissages.
1. Réglementation de la FINA
La respiration n’est pas codifiée par la réglementation de la FINA, ce qui peut
donner libre cours à l’imagination de chacun. Mais nous verrons par la suite, qu’une
technique, semblant être pour l’instant la plus efficace, s’impose.
La FINA ne réglemente pas le crawl, mais la nage libre.
Extraits de la codification de la nage libre :
SW5 NAGE LIBRE
SW5.1 « La nage libre signifie que, dans une épreuve ainsi désignée, le nageur
peut nager n’importe quel style de nage, sauf dans les épreuves de quatre nages
individuelles ou de relais quatre nages, où la nage libre signifie tout style de nage autre
que le dos, la brasse ou le papillon. »
SW5.2 « Une partie quelconque du corps du nageur doit toucher le mur à la fin
de la course de chaque couloir et à l‘arrivée. »
SW5.3 « Une partie quelconque du corps du nageur doit briser la surface de
l’eau pendant toute la course, à l’exception qu’il sera permis au nageur d’être
complètement submergé pendant le virage et sur une distance de quinze mètres au plus
après le départ et chaque virage. A ce moment la tête doit avoir brisé la surface de
l’eau. »
2. La respiration
2.1 Phénomène naturel
La respiration se définit comme étant l’ensemble des phénomènes qui permet
d’apporter de l’oxygène (O2) aux cellules dont elles ont besoin pour produire de
l’énergie, et à rejeter du gaz carbonique (CO2). De ce fait, lors d’un manque d’O2, un
déséquilibre peut se produire et provoquer une augmentation de la concentration en CO2
dans l’organisme, ce qui entraînera à l’arrêt de l’effort. La gestion de la respiration est
donc une zone cible qu’il convient de maîtriser d’autant plus qu’il s’agit d’une
respiration dans un milieu astreignant et non conforme, donc inadapté à la respiration
habituelle (terrestre)
2.2 les contraintes du milieu
Respirer c’est, schématiquement extraire de l’O2 et rejeter du CO2 dans un
milieu aquatique ou aérien, ce qui implique de grandes différences d'adaptation qui ont
des conséquences importantes sur la fonction respiratoire du nageur. D’une part,
l’apport d’O2 ne peut se faire qu’à un rythme régulier et non à tout moment ou au
moment voulu. Cette phase se réfère à la position du corps, tête dans l’eau, pour ne pas
perturber l’avancement du nageur.
En effet, pour que le nageur reste à plat donc pour avoir une position permettant
d’aller vite, il lui faut garder la tête dans l’eau. Il faut ici, adapter sa respiration
habituelle au milieu aquatique.
En milieu terrestre, la respiration au repos se compose de :
- inspiration => active
- expiration => passive
En milieu aquatique :
- expiration => active
- inspiration => réflexe
Les principales contraintes rencontrées dans ce milieu sont la pression exercée
par l’eau sur la bouche, le thorax, ainsi que la position de la tête. Pour que l’inspiration
puisse être plus courte et placée afin de gêner le moins possible l’équilibre du corps, il
faut que l’expiration se soit réalisée dans l’eau. La résistance de l’eau nous oblige à
effectuer une expiration active. Si l’expiration active a été complète, l’inspiration sera
alors, brève et réflexe. Le fait de savoir respirer ne passe pas seulement par
l’apprentissage de l’expiration et de l’inspiration mais aussi par le placement de ceux ci
aux moments propices.
3. La respiration en crawl
La respiration en crawl doit contrarier le moins possible le mouvement général
de roulis du corps. L’apprentissage de la respiration en crawl passe d’abord par celle de
l’expiration et non pas prioritairement, par l’inspiration comme on pourrait le croire. En
effet, une bonne expiration permettra une inspiration efficace et totale.
3.1 Expiration
L’expiration s’effectue sous l’eau, de manière volontaire et active, par la bouche
et le nez. Il faut éviter les temps d’apnée et bien garder la tête dans l’axe du corps.
L’objectif est d’éjecter la plus grande quantité de CO2 produit dans l’organisme, pour
permettre d’emmagasiner une quantité optimale d’O2, par l’inspiration. L’expiration
devra donc être volontaire et active, car la pression de l’eau sur le visage ne permet pas
Photo du site: « www.chez.com/nager »
à l’air de sortir en aussi grande quantité qu’en milieu terrestre. Juste avant d’entamer
une nouvelle inspiration, l’expiration doit être progressive sur les actions propulsives,
tête dans l’eau. A la sortie de la bouche de l’eau, la fin de l’expiration aura dû se
produire.
3.2 Inspiration
L’inspiration s’effectue dès que la bouche sort de l’eau. La tête effectue une
rotation autour de son axe longitud inal permettant de libérer les voies aériennes. Cette
rotation commencera à la fin de l’appui du côté du bras
concerné. La tête se retrouve alors à moitié immergée.
Ainsi dans cette position le nageur doit sentir sa joue et
son oeil gauche rester dans l’eau lors d’une inspiration à
droite et réciproquement. Pour se faire, le nageur doit
regarder lors de l’inspiration de côté et en avant.
L’inspiration doit se réaliser hors des phases propulsives,
des appuis, grâce à la mobilité de la tête. En effet, la prise
d’air interviendra en même temps que la sortie de la main
de l’eau au niveau de la cuisse, dans le creux de la vague créé par la tête. A l’arrivée de
la main à hauteur des yeux, il faut repositionner sa tête dans l’axe, avant que la main ne
prenne appui devant lors de la fin du retour aérien. Par la suite, le regard est de nouveau
orienté vers le fond et l’avant du bassin au moment où la main entre dans l’eau. Le
temps d’inactivité motrice étant restreint, l’inspiration doit être rapide et automatisée.
3.3 Rythme respiratoire
Après avoir fait l’apprentissage de l’expiration et de l’inspiration, il faut nous
attarder sur l’acquisition et l’automatisation d’un rythme respiratoire. La respiration
donne un rythme à la nage, que l’on respire en deux, trois ou quatre temps etc. Le
rythme respiratoire est un élément indispensable permettant au nageur de maintenir un
effort de longue durée. Toutes les respirations sont rythmées par la fin d’expiration
explosive qui termine la phase de poussée des actions motrices intenses. Le choix d’un
rythme respiratoire s’effectue souvent en fonction de la distance à parcourir. Pour une
épreuve de longue durée, le choix se portera le plus souvent sur un rythme respiratoire
de type «2 temps » permettant aux nageurs de bénéficier d’un apport d’O2, plus
régulier et plus rapide. Pour ce qui est des épreuves de sprint, le rythme respiratoire
diminuera pour arriver à du «5 temps » voire plus. Lorsque la respiration ne sert plus à
rien (à l’arrivée) ou lorsqu’elle freine plus particulièrement lors des reprises de nage,
elle peut être supprimer pour réduire les mouvements perturbateurs.
4. La respiration : un casse tête pour beaucoup
Pour résoudre les problèmes de respiration fréquemment perçus lors de la nage
en crawl, il faut mettre en place une succession de temps aériens brefs pour l’inspiration
et de temps sous-marins longs pour l’expiration. Mais cette succession n’est pas
toujours évidente à mettre en place et à effectuer.
4.1 Déficit en oxygène
En effet, des sensations d’étouffement peuvent survenir par une expiration
incomplète. Le mouvement d’inspiration est un mouvement bref et rapide qui ne doit
pas être précipité, il doit se faire en un temps optimal permettant une inspiration
complète et efficace. Une inspiration insuffisante va engendrer un déficit en O2, ce qui
Photo : Marc PLATA
perturbera la performance. Un temps d’inspiration trop court pourra provoquer un
déséquilibre, ainsi qu’une perturbation de la propulsion.
4.2 Déséquilibre et perturbation de la propulsion
Les actions de tête lors de la respiration provoquent des mouvements
déstabilisateurs et déséquilibrateurs pour l’ensemble du reste du corps. L’apprentissage
de la respiration se résume en une dissociation tête buste. Lors de l’expiration, la tête est
dans l’eau regard vers le fond du bassin, puis la tête se tourne sur un côté pour une
inspiration brève et rapide et enfin elle reprend sa position initiale dans l’axe du corps.
Or l’inspiration peut provoquer une augmentation du roulis des épaules, déjà existante,
par la rotation trop importante de la tête. La respiration dans la nage du crawl doit
perturber le moins possible l’équilibre du corps. Cette rotation de la tête sur le côté, si
elle est inexistante, peut conduire le nageur à une inspiration vers l’avant en relevant le
buste. Ce phénomène accentué du tangage perturbe alors également la nage dans son
ensemble. L’une des erreurs typiques lorsque l’on débute en crawl est de vouloir aller
trop vite. Les bras s’emballent, et l’on n’a pas le temps de placer correctement sa
respiration mais également ses appuis propulsifs. Le fait de retenir sa respiration
accélèrerait la survenue de la fatigue, donc la capacité à maintenir un appui propulsif
optimal.
5. Enseignement de la respiration en crawl
1er exercice :
600m battements tête dans l’eau
ð 50m avec la planche, tête dans l’eau, expirer, puis inspiration brève et rapide en
avant
ð 50m sans la planche, bras le long du corps
ð 50m bras en opposition (un en avant, un le long du corps), rotation de la tête
uniquement pour inspirer (25m sur chaque bras)
2ème exercice :
16 x 25m 3temps
ð 25m, on inspire en regardant sa main de la sortie de l’eau à l’entrée devant la
tête (mouvement de la tête)
ð 25m, on inspire lors des mêmes moments, mais tête fixe, regard du côté, en
avant
3ème exercice :
8 x 25m plongé
ð maintient de la tête dans l’axe sans respirer, éviter les mouvements de la tête
4ème exercice :
400m rattrapé
ð à chaque fin de phase motrice, placement de l’inspiration
5ème exercice :
12 x 50m 3/5/7 temps
ð permet de tester différents temps d’expiration en gardant un même temps
d’inspiration rapide et brève

CONCLUSION
La respiration est une action réflexe et mécanique des échanges gazeux
nécessaires au corps: à la phase d'inspiration (aérienne) succède la phase d'expiration
(aquatique). L’immersion de la tête impose un contrôle respiratoire coordonné aux
séquences motrices de mobilisation de la tête qui permettent l’approvisionnement en
oxygène. A chaque nage correspond un schéma de respiration et une synchronisation
avec le reste des mouvements de la nage. Bien maîtriser ces schémas sont des éléments
clé de l'apprentissage. Dans les phases d’apprentissages de la respiration du crawl, on
peut voir une grande importance portée à l’approche de cette dernière.
Nager sans s’essouffler ? C’est possible grâce à une bonne respiration !

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