Les principes d’efficacité de la course

Les principes d’efficacité de la course

  L’idée centrale de l’exposé qui va suivre est d’envisager la course comme une succession de « sauts », d’impulsions pour bondir d’un pied sur l’autre…

Ceci est mis en évidence par les définitions suivantes :

- Courir = « se déplacer avec un souci de vitesse et d'économie en effectuant une succession de bonds séparés par des phases d'appui unipodal » (HUBICHE-PRADET)

- Foulée = « bond compris entre deux contacts successifs avec le sol »

 

La course est caractérisée par une alternance de phases d’appui et phases de suspension 
(différence avec la marche où il n’y a pas de suspension). 
 
 
L’intérêt de cet exposé est de montrer comment aborder l’apprentissage de la course à travers 
des principes fondamentaux transférables aux autres spécialités de l’athlétisme et par 
extension aux autres APSA.  
1 – Analyse fonctionnelle de la foulée de course
 
 
     Deux  notions sont importantes pour comprendre les facteurs d’efficacité de la course :  
 
-  la notion de cycle de jambe (ou poulaine) 
-  la qualité des appuis 
 
 
  A – la qualité de l’appui :  
 
En effet, l’efficacité de la course repose essentiellement sur l’optimisation du rendement 
musculaire des muscles locomoteurs au moment de la pose de l’appui. 
 
Pour un grand nombre d’auteur, la qualité de l’appui est l’élément clé de athlétisme (C. 
GOZZOLI).  
 
Chez le débutant, cet appui est passif, la pose du pied n’est pas régulière (parfois sur talon, 
bord interne ou externe…). Il correspond à la motricité habituelle (AMH = appui de motricité 
habituelle) 
Chez l’expert, il est actif (d’où l’expression « avoir du pied », qualité déterminante de 
l’athlète en course et saut). 
 Le pied a été éduqué : il est adapté à la motricité athlétique (AMA = appui de motricité 
athlétique)  
B – le cycle de jambe et le  style ou poulaine de foulée : 
 
 
         Le cycle de jambe 
 
Définition : le cycle de jambe est constitué par l’alternance cyclique d’une phase d’appui 
suivie d’une phase aérienne. 
 
 
Phase aérienne : 
 
    Elle est capitale car prépare la phase d’appui. 
 
Elle débute quand le pied quitte le sol et se termine quand le pied retrouve le sol. Il convient
alors de ramener le plus rapidement possible le genou de l’arrière vers l’avant en « talon 
fesse », ce qui diminue le moment d’inertie du segment cuisse / jambe. 
 
Une fois le genou pointé vers l’avant, il s’agit d’obtenir un meilleur « renvoi » du sol à la 
réception (A. PIRON). Dans ce sens se met en place l’action de griffé qui correspond à : 
-  ouverture progressive de la jambe sur la cuisse pied fléchi 
-  retour rapide de la jambe avec intention de vitesse du pied vers l’arrière   
 
« Il faut tirer la piste derrière soi » J. PIASENTA qui préfère parler de traction plutôt que 
simple griffé de la piste… 
 
 
Phase d’appui :  
 
     L’appui commence à la prise de contact du pied avec le sol. Ce contact se fait légèrement 
en avant de la verticale du bassin. Débute alors une phase de « mise en tension » (A. 
PIRON). Cette phase a pour objectif d’emmagasiner le maximum d’énergie jusqu’au passage 
du bassin à la verticale de l’appui. 
 
    A ce moment précis l’athlète doit résister à la charge maximale. La conséquence immédiate 
est la restitution totale de l’énergie emmagasinée, le bassin pénètre alors efficacement vers 
l’avant.  
  
 
    « L’appui du sprinteur est fort, bref et  complet. Il sera d’autant plus efficace qu’il 
s’appuiera sur une chaîne segmentaire alignée »  et se prépare dans la phase aérienne grâce à
un cycle de jambe équilibré, complet et adapté à la phase de course : avec un axe incliné vers
l’avant au départ puis vertical pendant la phase d’accélération et de maintien de vitesse ou un
compromis entre intensité et relâchement permet d’optimiser le rendement musculaire.  
    La poulaine de cheville  
 
     Elle représente les positions successives d’un appui par rapport à celle du centre de gravité 
sur une foulée complète. 
   
Il semble que les débutants courent plutôt en cycle arrière, les experts en cycle avant. 
Ceci avec des différences de style selon les coureurs, leur physionomie. 
 
Mais la vitesse exige effectivement un travail plus important du pied en avant pour pouvoir 
effectuer une reprise d’appui active et puissante (griffé) 
 
Le travail des gammes athlétiques sert à renforcer cette technique (montée de genou, course 
jambe tendue…). 
De la même façon, le travail du « talon fesse » permet de renforcer le retour du pied sous la 
fesse. 
 
Conclusions : 
 
     Ce qu’il faut retenir, c’est que bien courir consiste à préparer l’appui à venir de façon 
active. Les moyens pour cela sont la course en cycle avant et la pose du pied en griffé. 
Au niveau des enfants, l’apprentissage doit les amener à courir de façon équilibrée en se 
servant davantage des segments libres. 
      G. LACROIX  montre bien ce changement de perspective : « La poussée n’est que la 
résultante du mouvement, ce qui prime, c’est l’organisation générale du geste » 
La suspension n’est pas un moment passif : au contraire, les intentions à donner à l’athlète 
sont d’être actif et dynamique avec les segments libres. Il faut parler « d’efficacité différée ».   
     La meilleure illustration est l’exemple de l’apprentissage des foulées bondissantes : une 
bonne foulée bondissante, ce n’est pas une poussée importante de la jambe d’appui mais 
plutôt une bonne suspension, équilibrée avec un genou qui monte et une ouverture de la jambe 
pour atterrir avec un pied actif en griffé… 
     De la même façon, il faut amener les enfants à comprendre qu’une bonne impulsion pour 
sauter ou rebondir, ce n’est pas juste pousser fort sur une jambe : la jambe libre  est très 
importante ainsi que les bras.  
 
 
 

 

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