Aptitude aérobie sur le terrain

Aptitude aérobie sur le terrain : Pourquoi et comment l’évaluer ? Dr Georges Cazorla*, Dr Lamia Benezzedine-Boussaidi**, Pr François Carré*** * Laboratoire de Physiologie EA 518 et Laboratoire Evaluation Sport Santé UFR STAPS, Université Victor Segalen Bordeaux 2 ** Centre National de Médecine et des Sciences du Sport, Tunis *** Hôpital Pontchaillou, Université Rennes 1 Définitions et évaluations sur le terrain A - De quoi parle-t-on ? Une communication efficace repose pour une part sur l'utilisation de termes bien définis. Il nous paraît donc justifié de définir quelques termes de base. La capacité aérobie La capacité aérobie est la quantité totale d'énergie susceptible d'être fournie par le métabolisme aérobie. Elle dépend des réserves de substrats ("carburants") utilisables, glucides et lipides principalement, et de la totalité de l'oxygène ("comburant") utilisé pour leur combustion. Si l'évaluation directe de la capacité aérobie est impossible, son appréciation peut être indirecte à partir de ses deux composantes principales que sont la Puissance Aérobie maximale (PAM) ou la Vitesse Aérobie Maximale (VAM) et l'endurance aérobie. La capacité aérobie dépend enfin d'un troisième facteur, l'économie de locomotion. PAM et VAM Lors d'un exercice d'intensité croissante, la consommation d'oxygène (VO2) augmente progressivement. La PAM correspond à la puissance limite pour laquelle VO2 n'augmente plus. Elle correspond donc à la puissance atteinte à la consommation maximale d'oxygène définie sous son symbole VO2max, qui est la quantité maximale d'oxygène qu'un organisme peut utiliser par unité de temps (généralement par minute). La PAM peut être maintenue entre 4 (sédentaire) et 8-10 minutes (sujet très entraîné). Comme l'objectif principal de la majorité des sports aérobies est d'atteindre la vitesse la plus élevée, il est classique de parler de VAM, qui correspond à la vitesse limite à laquelle VO2max est atteinte et à la puissance aérobie maximale fonctionnelle. L'endurance aérobie L'Endurance Aérobie (EA) peut être définie de deux manières. Elle peut être le pourcentage de la PAM, de la VAM ou de VO2max susceptible d'être maintenu au cours d'un exercice d'une durée donnée. Par exemple, connaissant la VAM, il suffit de calculer le pourcentage de cette vitesse qu'un sujet est capable de maintenir pendant une course dont la durée est connue : 12, 15, 20, 30 minutes ou plus. L'EA peut aussi être définie comme la durée de maintien d'un exercice d'intensité fixée (% de PAM, VAM ou VO2max). Par exemple, commencer par fixer ce pourcentage qui correspondra à une certaine vitesse de course et chronométrer la durée pendant laquelle cette vitesse peut être maintenue par un sujet. Donc, dans les deux cas, pour évaluer l'EA, il faut connaître la PAM, la VAM ou VO2max. L'économie de locomotion ou coût énergétique correspond à la quantité d'oxygène utilisée par un sujet pour réaliser un exercice d'intensité donnée. A PAM et EA égale, le sujet ayant la meilleure économie de locomotion aura la capacité aérobie la plus élevée. B - L'évaluation des PAM et VAM L'épreuve de Cooper Depuis les années soixante, la très populaire épreuve de douze minutes de marche/course de Cooper (1) a été la première méthode d'évaluation de terrain. Elle a notamment permis de discriminer, dans de grandes populations hétérogènes, un certain niveau d'aptitude aérobie, mais n'a pas permis d'aller plus loin dans la précision pour évaluer VO2max, la VAM ou l'endurance aérobie. En outre, cette épreuve nécessite une bonne connaissance préalable de l'allure susceptible d'être maintenue constante durant les 12 min de l'épreuve c'est ce que les sportifs appellent la "course au train" et, faute d'échauffement, ce n'est pas sans danger pour les sujets ne connaissant pas leurs capacités ou/et pour les sujets à risques. Depuis, heureusement, de nombreuses épreuves progressives de course (incluant donc naturellement un échauffement) se sont données pour but d'obtenir la VAM et d'extrapoler VO2max (2, 3). Devant cette abondance de tests, nombreux sont les praticiens qui s'interrogent avant de choisir le test correspondant le mieux à leur(s) besoin(s) et à leur(s) moyen(s). Nous vous proposons donc une étude critique basée sur quatre critères : la pertinence, la validité, la fidélité et l'accessibilité des principaux tests. Tableau 1 Les six principaux tests de terrain d‘évaluation de la VAM. Les différents tests Deux tests ont été "populaires" en leur temps, le test de Conconi et le CAT test (Control Aerobic Training) de Chanon et Stephan. Ces tests sont faciles à mettre en œuvre, donc relativement accessibles, mais leur validité et leur fidélité sont discutables et ont été très critiquées (4). Six autres tests (Tab. I) peuvent, par contre, être proposés. Ils reposent tous sur une épreuve de course à pied, ce qui permet leur utilisation dans un grand nombre de disciplines sportives.

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